Tassia Canellis, la mythologie du bijou fin.

Tassia Canellis, la mythologie du bijou fin.
11 juillet 2017 Stephanie Sarre

Ta marque est éponyme, c’était une évidence pour toi ?
Pas vraiment. J’ai cherché pendant un certain temps le nom de la marque et au bout d’un moment, je me suis dis : pourquoi pas utiliser mon nom ? J’aimais le fait que mes origines grecques ressortent et finalement, à partir du moment ou je l’ai décidé, c’est devenu une évidence.

Quel a été ton parcours ? Tu as toujours voulu être créatrice ou c’est arrivé par hasard ?
C’est arrivé un peu par hasard.

J’ai fait des études de graphisme, à L’Atelier de Sèvrespuis à L’ISAA. J’ai ensuite travaillé pendant 7 ans dans une agence de communication, où j’étais Directrice Artistique.

A l’occasion d’un anniversaire, mes amis m’ont offert divers matières premières et outils pour fabriquer des bijoux (des plaques de laiton, de cuivre, des rubans, des perles, une mini Dremel…). J’ai commencé à m’y mettre, juste pour moi au départ. En les portant, mes amies me disaient qu’elles les trouvaient jolis. J’ai alors commencé à produire pendant mes vacances, j’organisais des ventes privées chez moi… Et on peut dire que tout a commencé à ce moment là !

J’ai eu très rapidement un premier point de vente en Australie qui a repéré mes pièces à l’Atelier Beau Travail qui a été le premier à avoir mes bijoux en dépôt-vente. Puis le bouche à oreilles a bien fonctionné et j’ai décidé de quitter mon travail en 2007 pour me consacrer pleinement à la création de bijoux.

Comment commences-tu une collection ? C’est une idée ? Une tendance ? Un voyage ?
Je n’ai pas de méthode figée. Je m’inspire de tout ce qui m’entoure : les couleurs, les formes, les films, les voyages… C’est généralement quand je vois de la matière première que les idées arrivent. Je les note alors ou je les dessine sur un carnet, laissant les idées mûrir et je passe ensuite à la réalisation.

Je créé deux collections (en laiton doré à l’or fin) par an, mêlant intemporels et nouveautés.

J’ai aussi une collection en argent massif et plaqué or – Filigrane – ainsi qu’une petite collection dédiée l’homme – ORT.

Mes bijoux sont épurés, délicats et intemporels. Quand je créée, j’ai toujours dans l’esprit qu’ils sont comme une seconde peau, qu’ils font partie de nous et que l’on ne quitte pas.

Ton métal de prédilection ?
L’or. Même si je n’ai pas l’occasion de le travailler au quotidien dans mes collections à cause de son prix élevé, il m’arrive de réaliser quelques pièces sur demande comme des alliances, ou bien des modèles exclusifs comme la collection de bracelets ORT réalisés avec l’agrafe en or jaune et gris.

Comment tu as fait le choix de faire fabriquer tes collections en France ?
Ce n’est pas un choix mais une volonté de ma part. Je suis très attachée au fait que mes créations soient fabriquées en France. C’est aussi plus simple en terme de production car cela me permet de communiquer facilement avec les ateliers qui sont situés à Paris et en Province, que ce soit pendant la phase de création des prototypes, que celle de production. C’est un échange permanent et c’est important pour moi.

C’est compliqué ?
Au contraire ! Pour les mêmes raisons évoquées juste avant.

Ce qui prend du temps en revanche, quand on commence une activité, c’est de trouver les bonnes personnes, les bons partenaires, qui comprennent l’esprit de la marque et qui travaillent avec précision, intérêt et minutie.

Quelles sont les pièces que tu ne quittes jamais ?
Le bracelet martelé et la bague filigrane double en argent de ma collection Filigrane, ainsi que les mini créoles CHICK (avec des mini croix).

En design, tu as des modèles ?
Je porte un intérêt particulier à la céramique. J’aime beaucoup le travail de la créatrice Alix D. Reynis, si fin et élégant.

Je suis une grande fan de linge de maison et de la marque Tensira en particulier, créée par un couple Guinéo-Finlandais et fabriquée en Afrique de l’Ouest, qui propose des produits en coton, au design simple mais élégant et marqué par un savoir-faire ancestral.

Une ville ou un pays ?

L’Afrique et plus précisément Douala (Cameroun) où j’ai eu la chance de vivre quelques années quand j’étais petite et où je suis retournée en vacances jusqu’à l’âge de 13 ans. J’en garde de très beaux souvenirs.

Et puis la Grèce, pays de mes origines par mon père, où je vais toujours avec plaisir mais pas aussi souvent que je le voudrais !

Un peintre ?
Rothko, pour son travail subtil de la couleur.

Une galerie ?

La Slow Galerie qui se trouve à deux pas de mon showroom (5 rue Jean-Pierre Timbaud).
Lamia a le don de dénicher des artistes éclectiques et pointus en illustration & sérigraphie.

Un café à Paris où tu aimes aller ?

J’aime beaucoup le Passager Café, avenue Ledru-Rollin, qui a ouvert en septembre dernier. Je vais y prendre des forces avant d’aller travailler le matin. Ils font entre autres un super Granola et des pancakes à tomber.

Où vivrais-tu si tu n’étais pas parisienne ?
Pour le moment, je ne me vois pas vivre ailleurs qu’à Paris, mais idéalement, si j’en avais les moyens, j’adorerais partager mon temps entre Paris et la campagne.

Si tu n’étais pas créatrice de bijoux, tu ferais quoi ?
Je voue une passion pour les fleurs. Travailler dans ce milieu me plairait vraiment, avec un bémol tout de même : se lever à des heures impossibles le matin 😉